Traditions de Noël à Strasbourg
Le marché de Noël de Strasbourg, dont les origines remontent à 1570, est l’un des plus anciens en France et son rayonnement en Europe n’a fait que croître, grâce à sa tradition de commerce mais aussi à son esprit de tolérance et d’humanisme, qui ont fait son histoire et son identité.
Le Christkindelmärik
Le marché de Noël, ou « Christkindelmärik » en alsacien, ainsi que le sapin de Noël, existent depuis le Moyen-âge.
A cette époque la foire s’appelait le « Klausenmärik » ou « marché de la Saint Nicolas ». Les foires et les marchés étant très nombreux à cette époque dans les grandes villes du Saint Empire Romain Germanique, cette animation était avant tout destinée à la distribution des cadeaux pour les enfants, à l’occasion de la célébration de la Saint Nicolas.
Le 22 décembre 1570, le Conseil des 21, Conseil municipal de l’époque prit la décision de maintenir le principe même de la foire, mais en la dédiant dorénavant au « Christkindel », l’Enfant Jésus, régnant sur tous les chrétiens. Ainsi est né le « Christkindelmärik », qui allait résister aux aléas de l’Histoire.
Après 1870, le marché de Noël s’est installé place Broglie, où il se trouve toujours aujourd’hui. On continue à y vendre les mêmes produits qu’alors : des sapins, des décorations de Noël, des crèches, des santons, des objets de l’artisanat local, des confiseries et de la restauration accompagnée de vin chaud.
Depuis les années 1990, le marché de Noël s’est développé dans d’autres lieux : la place de la gare, la place de la cathédrale, la place du château, ainsi que dans tous les quartiers de Strasbourg. Au fur et à mesure, il s’est enrichi d’animations autour du thème de Noël (concerts, expositions, animations...).
Le Sapin de Noël
La tradition du sapin trouve également son origine en Alsace. Durant tout le Moyen-âge, on représentait devant les églises, la veille de Noël, les « Jeux de Paradis », récits de l’histoire de la création, et c’est un sapin couvert de pommes qui représentait l’arbre du Paradis.
Dès 1521, à Sélestat, un édit municipal « autorise les gardes forestiers à laisser couper des petits sapins en vue de la Fête de Noël ». La coutume se répand vite à travers toute l’Alsace. A l’origine, les sapins sont décorés avec des pommes, du sucre, des roses multicolores et, plus tard, avec des bredle : petits biscuits traditionnels alsaciens confectionnés à l'occasion des fêtes de Noël.
On raconte que vers 1850, alors que les pommes manquaient en raison de la sécheresse, les verriers de Meisenthal créèrent des pommes en verre soufflé et que les boules de Noël sont nées grâce à la pénurie de pommes.
La guerre de 1870 entraînant l’émigration de nombreux Alsaciens, la coutume de Noël investit peu à peu toutes les régions de France. Le sapin gagne ensuite l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, la Tchécoslovaquie, les pays scandinaves, l’Angleterre et les Etats-Unis.











